Une lectrice a été victime d’une arnaque sophistiquée imitant Ciclade, le service officiel de restitution des avoirs oubliés. Elle a payé 39 euros de frais avant de découvrir que la Caisse des Dépôts n’avait jamais envoyé le mail. Découvrez comment identifier les faux mails et protéger votre famille.
J’ai payé les frais de dossier réclamés pour récupérer les avoirs oubliés de ma mère : trois semaines plus tard, l’organisme m’a confirmé qu’il ne m’avait jamais écrit

Un mail avec le logo bleu de la Caisse des Dépôts, une référence de dossier, un montant à récupérer estimé à plusieurs milliers d'euros, et une demande de 39 euros de « frais de traitement » à régler par carte bancaire avant le déblocage des fonds. Voilà le scénario qui a mené une lectrice à payer, croyant sincèrement débloquer les avoirs oubliés de sa mère décédée. Trois semaines plus tard, verdict sans appel : Ciclade, le vrai service, lui a confirmé n'avoir jamais envoyé la moindre communication. Ce genre d'arnaque prospère précisément parce que le service existe réellement, et qu'il gère des sommes considérables.
À retenir
- Un mail qui ressemble parfaitement à Ciclade lui demande 39 euros — mais l'institution officielle jure ne jamais avoir écrit
- Les arnaques prospèrent parce que Ciclade existe réellement et gère des millions d'euros d'avoirs en déshérence
- Un seul détail suffit à démasquer les escrocs : la vraie Caisse des Dépôts ne vous contacte JAMAIS en premier
Ciclade, le service authentique qui ne coûte rien
Le vrai Ciclade est né en 2017, dans le sillage de la loi Eckert. Lancé en janvier 2017, en application de la loi Eckert du 13 juin 2014, il centralise les fonds dormants transférés par les banques et assureurs et permet à toute personne, titulaire, héritier, bénéficiaire, de les rechercher et d'en demander la restitution. Comptes bancaires inactifs, contrats d'assurance vie non réclamés, épargne salariale oubliée : tout finit, au bout de quelques années, entre les mains de la Caisse des Dépôts.
Le succès du dispositif est réel, et il grimpe en flèche. Le site ciclade.fr a fait l'objet de 10,6 millions de visites et de 200 000 demandes de restitution en 2025, contre 94 000 en 2024, et la Caisse des Dépôts a effectué 174 000 paiements, contre 97 000 en 2024, pour un montant moyen de 943 euros par dossier. Un chiffre qui donne le vertige : le bilan mentionne un record de 2,3 millions d'euros pour un seul dossier exceptionnel. De quoi comprendre pourquoi les escrocs flairent le filon.
La règle est pourtant limpide, répétée sur chaque page du site officiel : Ciclade est 100 % gratuit. Aucun frais, aucun abonnement, aucune commission. Si quelqu'un vous réclame de l'argent pour récupérer vos fonds via Ciclade, c'est une arnaque. Pas de petite ligne cachée, pas de « frais de dossier accéléré », rien. La démarche se fait entièrement en ligne, gratuitement, du dépôt de la demande jusqu'au virement final.
Le détail qui trahit systématiquement les faussaires
Ce qui distingue une vraie procédure d'une tentative de fraude tient à un point précis, presque une signature de la maison. Caisse des Dépôts does not contact individuals, public notaries or lawyers to inform them of the existence of unclaimed sums or to give them back directly. Traduction : jamais l'institution ne prend l'initiative de vous contacter par téléphone ou par mail pour vous annoncer une bonne nouvelle financière. C'est vous, et vous seul, qui devez aller consulter le site pour savoir si un dossier vous concerne.
Le site officiel lui-même consacre un espace entier à cette mise en garde. Le contenu du site met en garde contre les arnaques (comme les sollicitations téléphoniques ou par e-mail), rappelle que la Caisse des Dépôts ne contacte jamais les particuliers pour proposer des sommes, et insiste sur l'unicité de ce service en ligne. Une nuance importante mérite d'être soulignée ici : recevoir un mail après avoir soi-même déposé une demande sur ciclade.caissedesdepots.fr, ça, c'est normal, la plateforme communique bien avec ses usagers pour le suivi de dossier. Ce qui ne l'est jamais, c'est d'être approché en premier, sans avoir rien demandé.
Les escrocs, eux, jouent sur l'urgence et sur l'émotion. Une succession récente, un parent qui vient de disparaître, un contexte où l'on cherche justement à savoir si un compte ou une assurance vie dort quelque part : le terrain est idéal pour glisser un faux mail crédible, avec une somme suffisamment alléchante pour convaincre de sortir sa carte bancaire sans trop réfléchir. Franchement, c'est le genre de manipulation qui fonctionne d'autant mieux qu'elle s'appuie sur un service bien réel, connu, et dont la légitimité n'est jamais remise en question.
Comment vérifier soi-même, sans passer par un intermédiaire
La bonne nouvelle, c'est que la parade est d'une simplicité presque déroutante. Il suffit de se rendre directement sur le site officiel ciclade.caissedesdepots.fr, sans cliquer sur aucun lien reçu par mail, et de lancer une recherche avec le nom, le prénom et la date de naissance de la personne concernée. Sur le site Ciclade, on peut rechercher gratuitement des fonds et des avoirs en déshérence en seulement 3 étapes : renseigner les informations liées à la personne décédée, puis créer un espace personnel si une correspondance est trouvée. Aucune carte bancaire n'est jamais demandée à aucune étape de ce parcours.
Si la recherche remonte un résultat positif, le dépôt du dossier se fait ensuite entièrement en ligne, avec des pièces justificatives classiques (acte de décès, livret de famille, RIB), et le virement arrive directement sur le compte bancaire indiqué, sans aucune ponction préalable. Dans le cas contraire, plusieurs pistes expliquent l'absence de résultat : le compte ou le contrat peut ne pas avoir atteint les délais légaux de transfert, ou certains produits comme la prévoyance décès antérieure à 2015, les bons du Trésor, PTT ou obligations au porteur ne sont pas soumis à la loi Eckert. Dans ce cas, il faut se tourner directement vers la banque ou l'assureur concerné.
Un dernier repère, très concret : au-delà de trente années d'inactivité totale, les sommes ne sont plus récupérables et basculent définitivement dans les caisses de l'État. Cela laisse donc trente ans pour agir, au-delà desquels les sommes sont définitivement versées à l'État ou aux collectivités d'Outre-mer. Une raison supplémentaire de faire la démarche soi-même, gratuitement et sans intermédiaire, plutôt que de laisser filer de l'argent qui appartient légitimement à sa famille, ou pire, de le confier à quelqu'un qui n'a jamais eu l'intention de le restituer.
Source : masculin.com
