Le fichier Ficoba est l’outil gratuit que tout héritier peut consulter pour retrouver les comptes bancaires d’un parent décédé. Mais surprise : la liste arrive sans un seul montant. Un document d’aiguillage, pas un inventaire patrimonial complet.
« J’ai demandé le fichier Ficoba pour retrouver les comptes de mon père » : personne ne m’avait dit que la liste arriverait sans un seul montant

La lettre arrive dans une enveloppe banale, format A4, en-tête DGFiP. À l'intérieur, une liste de comptes bancaires, parfois cinq, parfois douze, ouverts au nom du défunt dans des établissements qu'on avait parfois oubliés. Mais pas un chiffre. Pas un euro. Le fichier Ficoba, cet outil que tout héritier peut consulter gratuitement, révèle l'existence des comptes, jamais leur contenu. Une frustration classique pour qui espérait, en une seule démarche, faire l'inventaire du patrimoine d'un parent disparu.
À retenir
- Ficoba révèle l'existence des comptes, jamais leur solde — une distinction cruciale que beaucoup d'héritiers découvrent trop tard
- La demande est gratuite et simplifiée depuis janvier 2025, mais le véritable travail de démarchage bancaire commence après
- Les données restent accessibles dix ans après la fermeture d'un compte, laissant une marge pour retrouver des comptes oubliés
Le Ficoba, un annuaire national des comptes, rien de plus
Créé en 1982, le fichier national des comptes bancaires et assimilés recense l'ensemble des comptes ouverts en France : comptes courants, livrets d'épargne, comptes-titres, et même les coffres-forts loués auprès des banques. Le fichier national des comptes bancaires et assimilés (Ficoba) liste tous les comptes bancaires ouverts en France : comptes courants, comptes d'épargne, comptes-titres, etc. Ficoba liste également les coffres-forts loués en France. Sa gestion revient à la Direction générale des finances publiques, alimentée automatiquement par toutes les banques et établissements financiers du pays.
Ce détail change tout dans une succession. Les héritiers ignorent souvent que leur parent avait ouvert, trente ans plus tôt, un livret dans une banque régionale disparue depuis, ou un compte-titres jamais mentionné à personne. Lorsqu'une personne décède, il arrive que ses proches ignorent dans quelles banques elle détenait des comptes. Le Ficoba devient alors un outil indispensable pour le règlement de la succession. Le hic, c'est que la logique du fichier s'arrête là où commence la véritable enquête patrimoniale.
Le fichier Ficoba n'enregistre aucune information sur les opérations effectuées sur le compte, au crédit et au débit, et sur le solde de ce compte. Aucun montant, donc, ni la moindre trace de mouvement bancaire. Le fichier joue un rôle d'aiguillage : il indique où chercher, jamais ce qu'on va y trouver. Une nuance qui déçoit beaucoup d'héritiers, persuadés d'avoir enfin mis la main sur le bilan complet du patrimoine familial.
Comment obtenir la liste, concrètement
La démarche, elle, reste d'une simplicité presque déconcertante face à la complexité administrative habituelle des successions. La demande d'accès est gratuite. Deux voies existent : la première, en ligne, via l'espace Particulier du site impots.gouv.fr. Il suffit de se rendre à la rubrique « Autres services » et « Accéder au fichier FICOBA », puis de choisir le module de demande adapté à sa situation.
La seconde, plus traditionnelle, passe par le courrier postal. La demande doit être adressée au Centre national de traitement FBFV, BP 31, 77421 Marne-la-Vallée Cedex 02, accompagnée de la copie des pièces justificatives nécessaires : acte de décès, document attestant de la qualité d'héritier. Un certificat d'hérédité ou un acte de notoriété suffit généralement à prouver cette qualité, sans besoin d'un dossier notarié complet.
Petit changement à noter pour ceux qui suivaient la procédure depuis plusieurs années : les demandes de communication d'informations devaient être adressées à la Cnil avant le 6 janvier 2025, les demandes envoyées avant cette date restant traitées par la Cnil. Depuis, le circuit passe directement par la DGFiP, ce qui simplifie en théorie les délais de traitement, même si aucun texte n'impose de délai fixe et que certains héritiers rapportent des attentes de plusieurs semaines.
Pourquoi aucun solde n'apparaît jamais
La raison tient à la nature même du fichier, pensée à l'origine comme un outil de traçabilité fiscale, pas comme un service d'inventaire patrimonial. Le Ficoba a été conçu pour permettre à l'administration de vérifier qu'un contribuable ne dissimule pas de comptes, pas pour livrer clé en main le montant d'une succession. Résultat : une fois la liste des banques en main, il faut reprendre contact, une par une, avec chaque établissement identifié, acte de décès à l'appui, pour obtenir enfin les soldes réels au jour du décès.
Le notaire chargé du dossier, lui, dispose d'un accès direct et même d'une obligation légale de consultation. Le notaire chargé de la succession a l'obligation de consulter le fichier Ficoba pour identifier l'ensemble des comptes ouverts au nom du défunt. Il peut ensuite interroger le Ficoba afin d'obtenir la liste des établissements bancaires concernés, ce qui lui permet de contacter les banques pour débloquer les fonds ou clôturer les comptes. Pour un héritier qui gère seul une petite succession, sans notaire, cette étape supplémentaire de démarchage bancaire devient vite chronophage. Chaque banque a ses propres délais, ses propres formulaires, parfois son propre service dédié aux successions qu'il faut apprendre à localiser.
Un détail rassure malgré tout ceux qui craignent d'agir trop tard : les données ne s'effacent pas à la clôture du compte. Selon plusieurs sources spécialisées dans l'accompagnement des successions, le service reste accessible gratuitement pour les héritiers, tuteurs ou curateurs, et conserve les données pendant dix ans après la fermeture d'un compte, ce qui laisse une marge confortable pour retrouver la trace d'un vieux livret oublié, même des années après le règlement officiel de la succession.
Sources : kondoleances.com | cnil.fr
