PER : bonne nouvelle, vous allez pouvoir déduire encore plus d’impôts grâce à cette réforme du 3 novembre

Alors que la déclaration d'impôts 2026 approche à grands pas et que nombre de Français cherchent encore le bon moyen d'optimiser leurs finances avant les fêtes, une nouvelle vient secouer le monde feutré de l'épargne retraite. Le Plan Épargne Retraite (PER), déjà star des placements pour anticiper sereinement la retraite, fait l'objet d'une réforme inattendue votée le 3 novembre dernier, ouvrant davantage le robinet aux déductions fiscales. Zoom sur cette évolution qui risque bien de redéfinir les stratégies d'optimisation fiscale !

Plafond du PER : une limite qui freinait l'optimisation fiscale

Le Plan Épargne Retraite, ou PER, séduit de plus en plus de Français, notamment les plus de 50 ans soucieux d'assurer un revenu confortable lors du passage à la retraite. Sa force ? Des avantages fiscaux inégalés, puisque chaque versement volontaire offre la possibilité de diminuer le montant de sa base imposable à hauteur de 10 % de ses revenus professionnels nets. Mais comme souvent en matière de fiscalité, il y a un « mais » : tout cela se fait dans la limite d'un plafond annuel, propre à chaque membre du foyer fiscal. Cette déduction représente déjà un avantage considérable. Cependant, dans la pratique, le système souffrait jusque-là d'une certaine rigidité. Les plafonds de déductions non utilisés sur une année pouvaient être reportés, certes, mais uniquement sur les trois années suivantes. Cette fenêtre de report restreinte limitait l'agilité des contribuables dans la gestion de leur épargne retraite. Conséquence ? Nombreux étaient celles et ceux qui, pour diverses raisons – baisse de revenus passagère, projets prioritaires ou simples oublis – se voyaient frustrés de ne pas pouvoir utiliser pleinement leur capacité de déduction. Impossible, notamment, de profiter d'une année au revenu exceptionnel en mobilisant l'ensemble des plafonds non consommés depuis plus de trois ans. Les plus attentifs à leur fiscalité restaient donc parfois sur leur faim !

La réforme du 3 novembre : l'Assemblée nationale ouvre de nouvelles perspectives

C'est précisément sur ce point que la réforme du 3 novembre 2025 change la donne. Au détour du projet de loi de finances, deux amendements décisifs ont été votés à l'Assemblée nationale : le report de plafond n'est plus limité à trois ans, mais bien à cinq ans ! Une modification apparemment mineure dans la loi qui aura pourtant des impacts concrets majeurs pour les épargnants. Cette extension du report constitue une véritable bouffée d'oxygène pour des millions de Français. Désormais, il devient possible de remonter jusqu'à cinq années de plafonds non utilisés et de les mobiliser en une seule fois. L'optimisation fiscale gagne ainsi en souplesse : les contribuables qui n'ont pas versé régulièrement sur leur PER ou qui traversent des périodes de revenus variables peuvent dorénavant mieux lisser leurs efforts d'épargne et maximiser l'avantage l'année souhaitée. Mais qui sera réellement gagnant ? Tous les détenteurs de PER pourront en profiter, il est vrai. Mais le jackpot se destine avant tout à certains profils :
  • ceux qui approchent de la retraite, avec une forte capacité d'épargne sur la fin de carrière,
  • les personnes ayant connu des années à faibles revenus ou sans activité puis reprenant une activité rémunérée,
  • et bien sûr, les contribuables en quête d'une stratégie d'optimisation sur-mesure en cas de variation de revenus.
Pour illustrer, prenons deux exemples concrets :
  • Monsieur L. prépare sa retraite : salarié depuis plus de 30 ans, il n'a pas pu verser sur son PER en 2021 et 2022, mais il décide en 2025, à la veille de son départ en retraite, de mobiliser ces plafonds inemployés (soit potentiellement jusqu'à cinq ans de plafonds d'un coup) pour réduire sa dernière grosse imposition. L'économie peut alors dépasser plusieurs milliers d'euros selon son taux marginal d'imposition.
  • Madame P., entrepreneure, connaît une forte hausse de revenus en 2025 : elle a peu profité du PER auparavant. Grâce à la réforme, elle utilise d'un coup ses cinq plafonds reportables, déduits de son bénéfice imposable. Résultat : une facture fiscale grandement allégée, une épargne retraite reconstituée et la sensation d'avoir réalisé une optimisation fiscale efficace.

Le PER version 2025 : un outil redoutable pour adapter sa fiscalité

Sous son aspect technique, la réforme transforme le PER en un outil bien plus flexible et puissant pour gérer sa fiscalité à la carte. Anticiper ses revenus prend alors tout son sens. Par exemple, prévoir à l'avance un bonus, une prime ou la vente d'actifs permet de préparer une importante opération déductible, en s'appuyant sur un stock de plafonds accumulés sur cinq ans. Pour les plus stratèges, le PER devient véritablement un joker fiscal par excellence à l'entrée en retraite. La clé ? Bien simuler les différentes options : avec l'allongement de la période de report, il est essentiel de procéder à des simulations personnalisées. De nombreux simulateurs en ligne existent, mais une attention particulière doit être portée à sa tranche marginale d'imposition, au statut professionnel (salarié, indépendant…) et à la composition du foyer fiscal. Pas question d'improviser : maximiser ne rime pas toujours avec tout déduire d'un coup, mieux vaut raisonner en fonction de son projet et de ses besoins réels. Pour mettre toutes les chances de son côté, quelques conseils pratiques s'imposent :
  • Conserver précieusement l'historique de ses plafonds – notamment ceux non utilisés depuis 2020, désormais éligibles au nouveau calcul,
  • Prévenir son interlocuteur bancaire ou son assureur pour bien respecter les échéances de versements avant la fin de l'année fiscale,
  • Penser à l'effet de palier fiscal : éviter qu'un gros versement fasse "tomber" dans une tranche bien inférieure, réduisant au passage l'impact de la déduction,
  • Et surtout : ne pas attendre le dernier moment pour réunir les documents et effectuer les versements nécessaires.
Voici un tableau pour mieux visualiser l'évolution du report de plafond :
Années concernées par le reportAvant la réformeAprès la réforme (2025)
Nombre d'années de report possible3 ans5 ans
Exemple :
plafond récupérable en 2025
2022, 2023, 20242020, 2021, 2022, 2023, 2024

Ce qu'il faut retenir pour profiter pleinement de cette opportunité fiscale

La réforme du 3 novembre offre un nouveau souffle au PER, déjà très apprécié des épargnants à l'approche de la retraite. Pour tirer le meilleur parti de cette extension de plafond, voici les points essentiels à retenir :
  • Dorénavant, le plafond non utilisé du PER se reporte sur 5 ans : prenez soin de vérifier l'intégralité des plafonds accumulés,
  • Le potentiel de déduction fiscale est démultiplié pour celles et ceux en mesure de réaliser de forts versements ponctuels,
  • Il s'agit d'une opportunité historique pour les hauts revenus et futurs retraités : ces derniers peuvent réduire leur imposition de manière significative en alimentant leur PER juste avant de liquider leur retraite,
  • Enfin, adaptez la stratégie à votre situation et vos anticipations de revenus : le PER est un produit sur-mesure, autant en tirer une optimisation personnalisée !
Dernier réflexe de bon sens : pour celles et ceux qui n'auraient pas encore ouvert leur PER, la fin d'année – période charnière en fiscalité française – s'avère idéale. Anticiper reste le maître-mot ! Cette fin d'année ne se limite pas à la préparation des fêtes et à la chasse aux cadeaux, mais constitue également un moment stratégique pour les décisions d'épargne et de fiscalité. Cette réforme offre une occasion unique de préparer sereinement sa retraite tout en allégeant significativement sa facture fiscale.