Chaque mois, un prélèvement discret grignote votre pension complémentaire avant même qu’elle n’arrive sur votre compte. La contribution sociale généralisée, la CSG, s’applique aux retraites complémentaires selon des règles précises, souvent méconnues…
Taux de CSG sur la retraite complémentaire : règles et différences selon les régimes

Chaque mois, un prélèvement discret grignote votre pension complémentaire avant même qu'elle n'arrive sur votre compte. La contribution sociale généralisée, la CSG, s'applique aux retraites complémentaires selon des règles précises, souvent méconnues, et pourtant déterminantes pour votre revenu réel. Ce qui complique les choses : le taux que vous payez dépend de votre situation fiscale personnelle, pas du montant brut de votre pension. Et selon que vous êtes ancien salarié du privé, agent contractuel de la fonction publique ou indépendant, les organismes préleveurs sont différents, même si le barème de référence reste, lui, identique.
CSG sur la retraite complémentaire : le principe général
La pensions retraite csg s'applique à l'ensemble des pensions perçues en France, qu'elles soient issues du régime de base ou d'un régime complémentaire. La retraite complémentaire, celle versée par AGIRC-ARRCO pour les salariés du privé, par l'IRCANTEC pour les contractuels publics, ou encore par les caisses professionnelles des indépendants — est donc soumise à la CSG au même titre que la pension de la Sécurité sociale.
Ce prélèvement est directement opéré à la source par l'organisme verseur. Vous ne recevez jamais le montant brut : la CSG, la CRDS (0,5 %), et parfois la Casa (contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie, à 0,3 %) sont déduites avant virement. Le taux de CSG applicable n'est pas le même pour tous. Il varie selon votre revenu fiscal de référence (RFR), tel qu'il figure sur votre dernier avis d'imposition.
Point souvent mal compris : la retraite complémentaire n'est pas traitée séparément de la retraite de base pour déterminer le taux de CSG. C'est votre RFR global, qui intègre l'ensemble de vos revenus, qui fixe le taux unique appliqué à toutes vos pensions, de base comme complémentaires.
Les quatre taux de CSG applicables en 2026
Le barème comporte quatre niveaux. Ces seuils sont actualisés chaque année et dépendent également du nombre de parts fiscales de votre foyer. Les chiffres ci-dessous correspondent aux plafonds en vigueur pour 2026, appliqués aux pensions versées depuis le 1er janvier.
Taux zéro : exonération totale de CSG
Les retraités dont le RFR est inférieur à 12 230 euros par part fiscale (seuil 2026) sont exonérés de CSG sur l'ensemble de leurs pensions, y compris complémentaires. Cette exonération s'applique automatiquement sur présentation de l'avis d'imposition : aucune démarche spécifique n'est requise si votre caisse de retraite dispose déjà de votre situation fiscale actualisée. Pour comprendre précisément les conditions d'accès à cette dispense, la page dédiée à l'exonération csg retraite conditions détaille les critères et les démarches.
Taux réduit à 3,8 %
Le taux réduit s'applique aux foyers dont le RFR se situe entre 12 230 et 15 988 euros par part. À ce niveau, la CSG est prélevée mais à hauteur fortement allégée. Particularité notable : la CSG au taux réduit est intégralement déductible du revenu imposable, ce qui atténue son impact réel sur le budget annuel du retraité.
Taux médian à 6,6 %
Ce taux intermédiaire concerne les retraités dont le RFR par part est compris entre 15 988 et 25 016 euros. C'est le taux qui touche la majorité des retraités titulaires d'une pension complémentaire AGIRC-ARRCO en France, un fait que beaucoup découvrent avec surprise, ayant spontanément supposé relever du taux réduit. La portion de CSG à 6,6 % est partiellement déductible : seule une fraction (3,8 %) peut être déduite des revenus imposables, le reste constituant une charge définitive.
Taux normal à 8,3 %
Au-delà de 25 016 euros de RFR par part, le taux plein s'applique. Il concerne les retraités aux revenus les plus élevés. À ce taux, la part déductible reste limitée à 3,8 %, identique aux autres tranches, ce qui signifie que 4,5 points de CSG ne sont pas récupérables fiscalement. Sur une pension complémentaire de 1 000 euros bruts mensuels, cela représente 83 euros prélevés chaque mois, dont 45 euros sans aucune contrepartie fiscale.
Comment votre RFR détermine votre taux de CSG sur la complémentaire
Le rôle de l'avis d'imposition dans le calcul
Chaque automne, les caisses de retraite complémentaire (AGIRC-ARRCO en tête) consultent les données fiscales transmises par la Direction générale des finances publiques pour actualiser le taux de CSG applicable à l'année suivante. Cette mise à jour prend effet en général au 1er janvier. Jusqu'à ce que la mise à jour soit effective, le taux de l'année précédente est maintenu, ce qui peut créer des décalages transitoires, notamment visibles sur le bulletin de pensions retraite csg février, quand les régularisations de début d'année se cumulent parfois sur un même mois.
Le RFR retenu est celui de l'avant-dernière année : en 2026, c'est le RFR de 2024 (figurant sur l'avis d'imposition reçu en 2025) qui sert de référence. Cet effet de décalage temporel est souvent source de confusion : un retraité dont les revenus ont baissé en 2025 continuera de payer le taux calculé sur 2024 jusqu'au 1er janvier 2027.
Que se passe-t-il en cas de changement de situation fiscale ?
Certains événements peuvent modifier significativement le RFR en cours d'année : décès du conjoint, divorce, cessation d'activité d'un membre du foyer, entrée dans une maison de retraite. Dans ces cas, il est possible de demander une révision anticipée du taux de CSG auprès de l'organisme verseur, en produisant les justificatifs appropriés. Cette procédure, peu connue, permet d'éviter de continuer à payer un taux inadapté pendant plusieurs mois. Les caisses complémentaires appliquent alors le nouveau taux dès réception et validation du dossier, généralement sans rétroactivité.
Différences de CSG selon les régimes de retraite complémentaire
AGIRC-ARRCO : le régime des salariés du privé
AGIRC-ARRCO concentre près de 13 millions de retraités en France. C'est l'organisme qui prélève la CSG sur les pensions complémentaires des anciens salariés du secteur privé. La caisse reçoit les données fiscales directement des services de l'État et applique automatiquement le bon taux. Le préleveur unique simplifie le suivi : un seul bulletin de pension, un seul taux appliqué, une seule ligne de CSG à contrôler.
Sur le relevé mensuel AGIRC-ARRCO, la CSG apparaît distinctement, souvent accompagnée de la CRDS et de la Casa. Le montant net versé intègre ces trois déductions. Pour un retraité percevant 800 euros bruts de complémentaire AGIRC-ARRCO au taux de 8,3 %, le prélèvement mensuel atteint 66,40 euros au titre de la seule CSG.
IRCANTEC : le régime des agents non titulaires de la fonction publique
L'IRCANTEC (Institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l'État et des collectivités) suit exactement le même barème de CSG qu'AGIRC-ARRCO. Les anciens contractuels de la fonction publique, enseignants vacataires, agents de catégorie B en CDD, personnels hospitaliers non titulaires — reçoivent leur pension complémentaire de l'IRCANTEC avec la CSG prélevée à la source selon leur RFR. Le mécanisme est strictement identique à celui du privé, même si l'organisme gestionnaire est différent.
Régimes complémentaires des indépendants (SSI, CIPAV, etc.)
Les travailleurs indépendants, artisans, commerçants affiliés à la Sécurité sociale des indépendants (SSI), professions libérales relevant de la CIPAV ou d'autres sections professionnelles — cotisent à des régimes complémentaires spécifiques. La retraite complémentaire versée par ces caisses est également soumise à la CSG selon le même barème en quatre taux. Une particularité : certaines caisses de professions libérales gèrent leurs propres régimes obligatoires qui tiennent à la fois du régime de base et du complémentaire, dans tous les cas, la CSG s'applique sur la fraction pension perçue, sans régime dérogatoire.
Régimes de la fonction publique : une complémentaire PREFON ou COREM soumise à CSG ?
Les fonctionnaires titulaires n'ont pas de retraite complémentaire obligatoire au sens strict, leur régime de base (CNRACL pour les territoriaux et hospitaliers, SRE pour les agents de l'État) assure des taux de remplacement plus élevés que dans le privé. Certains ont néanmoins souscrit des régimes facultatifs à points, comme la PREFON ou le COREM. Ces produits d'épargne retraite supplémentaire sont juridiquement des contrats de retraite supplémentaire (article 83 ou assimilés) : les rentes viagères issues de ces contrats sont soumises à la CSG dans les mêmes conditions que les pensions de droit commun, sous réserve des spécificités liées au régime fiscal des rentes en annuités.
CSG sur la retraite complémentaire vs retraite de base : y a-t-il des différences ?
La réponse courte : non, il n'y a pas de différence de taux. Le même barème s'applique à la retraite de base (Cnav, MSA, SSI) et à la retraite complémentaire. C'est le même RFR, les mêmes seuils, les mêmes quatre taux. Ce qui change, c'est l'organisme préleveur : la Cnav (ou sa caisse régionale) pour la retraite de base, AGIRC-ARRCO (ou la caisse concernée) pour la complémentaire. Un retraité qui cumule les deux pensions reçoit deux bulletins distincts, mais voit le même taux de CSG appliqué sur chacun d'eux.
Une nuance mérite attention : si votre retraite de base dépasse les seuils d'exonération mais que votre retraite complémentaire est faible, vous n'échappez pas à la CSG sur la complémentaire pour autant. Le taux est déterminé par le RFR global du foyer, pas par le montant de chaque pension prise isolément. Pour une vue d'ensemble sur la fiscalité des pensions, le guide retraite en France détaille l'ensemble du système.
La CSG sur la retraite complémentaire est-elle déductible des impôts ?
Partiellement. C'est l'une des règles les moins bien connues du système, et pourtant elle a un impact direct sur la déclaration de revenus. La fraction déductible de la CSG est identique quel que soit votre taux : seuls 3,8 points de CSG peuvent être déduits de votre revenu imposable. Concrètement :
- Taux zéro : pas de CSG, donc pas de déduction
- Taux réduit (3,8 %) : totalité déductible
- Taux médian (6,6 %) : 3,8 % déductibles, 2,8 % non déductibles
- Taux normal (8,3 %) : 3,8 % déductibles, 4,5 % non déductibles
Cette déductibilité partielle est automatiquement prise en compte dans les déclarations préremplies : l'administration fiscale intègre les montants déclarés par les caisses de retraite, y compris la fraction déductible de CSG. En pratique, si votre déclaration est préremplie et que vous vérifiez les montants sans les corriger, le calcul se fait correctement. Le problème surgit quand un retraité modifie ses revenus déclarés sans ajuster la CSG déductible correspondante, ce qui peut générer un redressement ou, à l'inverse, un avantage fiscal non justifié.
